Le développement de la
viticulture biologique atteint
donc les terres froides de la
Champagne. La contagion ne
semblait pas évidente. Le
champagne, qui sait souvent
faire oublier qu'il s'élabore
à partir de raisins, a plutôt
pris l'habitude de construire
son image à l'aide d'artifices
techniques et commerciaux. Et
le climat humide de la
Montagne de Reims ou de la
vallée de la Marne semble
moins propice au «bio» que le
Languedoc ou la vallée du Rhône.
Mais, à l'inverse, la démarche
bio ne manque pas d'arguments
rationnels. Le champagne reste
un produit d'exportation par
excellence et, vendant
beaucoup de bouteilles en
Europe du Nord, les Champenois
s'entendent, de ce côté-là, de
plus en plus souvent réclamer
des vins sans désherbants ni
produits chimiques. Il y a
donc une demande. Et, avant
que celle-ci ne se manifeste,
beaucoup de vignerons, sans
répondre à toutes les
conditions de la culture bio,
avaient déjà compris depuis
longtemps que le champagne
n'est grand que par
l'expression de ses terroirs
de craie et qu'il fallait
préserver la vigne de toute
autre influence. C'est
d'ailleurs chez eux que se
développent aujourd'hui la
plupart des tentatives pour
aller le plus loin possible.
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